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Vendredi 29 décembre 2006 5 29 /12 /2006 17:01

Il fait froid, c'est Noël. Je fantasme sur une nouvelle personne. Pas spécialement belle, pas spécialement sexy. Cette personne, c'est quelqu'un que je connais depuis longtemps, mais je ne me suis jamais attachée à lui. Cet été, il a voulu sortir avec moi, j'étais avec quelqu'un d'autre, et je n'étais pas décidée sur les tournants que je voulais donner à ma vie.

Ce garçon-là s'appelle Y. Il n'est pas spécialement beau, mais il est ouvert, intelligent. Il part travailler à Londres, il n'est pas arrogant. Il pourrait. C'est une sorte d'élite. ENS. Et y a pas 36 mecs comme lui à l'ENS, Y. c'est le renouvellement des élites.

 

Mais je vais plutôt te brosser d'abord sommairement un tableau de ma vie sentimentale durant cette longue année.

Il fut un temps, où j'aimais quelqu'un : il s'appelait Olivier. En fait, mon copain précédent avait également pour nom Olivier. Deux fois Olivier. Je les appelle Olivier A. le premier, et Olivier B. le second.

 

Olivier B., c'est en amour celui qui a détruit ma vie. Aujourd'hui, je lui parle avec condescendance. Je ne ressens plus rien pour lui. Mais il a laissé un champ de ruines derrière lui. Car je pressens que je n'aimerai plus jamais personne d'aussi relationnel que lui. relationnel et ingrat. Je ne l'aime plus, mais je vivais dans son monde. Nous n'avons pas su créer 'notre' monde.

 

Olivier A. C'est mon ami. Il habite loin, mais on se parle tous les jours. Je l'ai quitté pour Olivier B. mais aussi parce qu'il était trop loin, et que çà me rendait malheureuse.

Olivier A. est quelqu'un d'exceptionnel, et aussi d'inadapté. Souvent violent, impuissant sur certains sujets. Il aime les gens et les actes extraordinaires. Il a souvent agi (alors mineur) de façon illégale, non pour l'argent mais pour la gratuité de l'action, le plaisir de tromper la vigilence de la police ou de l'Etat. Il ne boit pas, ne fume pas. Un parfait terroriste, en pensée comme en action. Architecte dans la vie civile. Extrêmement serviable.

 

Pour revenir à mon petit nombril, je ne sais pas pourquoi, depuis 5 ou 6 ans, je m'éloigne du bonheur. De façon récurrente et trouble, hors quelques instants de répit, je suis dans l'absence, la tristesse, le manque de quelque chose.

Olivier B. m'a dit très peu de temps avant de me quitter, qu'il me trouvait absente. Et je l'étais. A cette époque, je ne l'aimais pas. J'étais heureuse que nous nous quittions. Mais ensuite, j'ai eu mal. Pendant des mois. Etait-ce de l'égo ? était-ce de l'amour ? je ne le saurai jamais.

Aujourd'hui, il y a cette chose drôle : qu'il me reparle sur msn (il est au Canada), et que je ne souhaite plus lui parler. Après avoir tant espéré ce moment. Je crois que de son amour, je ne veux plus. Je le juge sur sa vie. Il a 37 ans, il n'a pas fondé de famille, il a mis dans l'attente plusieurs filles avec qui il est sorti successivement. Parlant avec lui hier ou avant-hier, je me suis dit plusieurs fois : quel pauvre gars. Et j'étais amoureuse de lui.

Mais je me rends compte que ce n'est peut-être pas encore tout à fait de l'indifférence. J'aimerais encore lui déchirer le coeur. Je pourrais probablement le faire, si j'étais vraiment machiavélique. Mais je ne le suis pas suffisamment, et c'est trop d'énergie bien mal employée. Par la vengeance, à cause de tout mon désir pour lui (terriblement indépendant de ce que j'ai toujours pensé de sa personnalité), qu'il a mal ou pas assouvi. Ceci étant, chacune de mes phrases (voire même mon silence) sonne à son oreille comme un jugement sans appel. Et c'est la force de mon action (pour parler en politicien).  

 

Mais ce que je vois, c'est que je suis piégée par les souvenirs, et je n'arrive pas à regarder devant. C'est un travers féminin, paraît-il, car nous sommes un sexe pessimiste (je voulais dire un genre, bien sûr ! car c'est lié à notre histoire et absolument pas à notre physiologie).

 

Y., je ne suis pas sûre qu'il y croie, avec moi. Ce n'est pas une relation simple et facile. Ce n'est pas immédiat. Cet été, j'ai eu des mouvements de recul, et il s'en souvient. Il ne pense pas que je puisse l'aimer. Il ne sait pas s'il pourrait m'aimer non plus (du coup ?).

Au fond, ni lui ni moi ne le savons. Rien d'étonnant à cela.

Il revient lundi soir. Laissons les choses se faire, ou pas.

Pourtant, j'aimerais bien le mettre dans ma vie. Il y a de la place pour lui. Oui, Y., il y a de la place pour toi, dans ma vie.

Par Lullaby - Publié dans : Journal
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Vendredi 29 décembre 2006 5 29 /12 /2006 22:11

Ce blog-ci, je ne le mettrai pas dans mes favoris.

J'avais un blog l'an dernier. Comme celui-ci le fera, il racontait ma vie privée, il donnait des pistes de films ou de livres à voir, il donnait un aperçu de mon état d'esprit.

L'an dernier, je n'en pouvais plus de mon copain, Olivier N. Je n'arrivais pourtant pas à me séparer de lui, j'étais dans l'aliénation totale de moi-même. Je ne pouvais pas le quitter. Pourtant je ne supportais plus notre relation, qui était devenue tellement conflictuelle, tellement dure, tellement difficile.

A la fin pourtant, je l'ai quitté. Et un jour, il a pris mon ordinateur, et il a fouillé, et il a trouvé le blog, qui disait bcp de choses atroces sur lui.

Je me suis toujours interdit de le juger, car, comme j'aurais fait pour mon enfant, je lui ai toujours tout pardonné. Mais dans ce blog, je faisais le contraire, je laissais libre cours à mon jugement sur lui et, comme tout ce qui a été étouffé de trop longues années, mon discours était fortement exagéré. çà l'a tellement choqué que des mois après il m'en parlait encore.

Je ne me sens pas du tout dans le même état d'esprit maintenant.

 

Aujourd'hui, je me dis que je dois écrire un blog (labsus révélateur : j'avais écrit 'être un blog', car écrire c'est être !), car sinon je me perds un peu moi-même. Je me perds facilement. C'est un tort.

 

Voilà tout.

 

Lullaby.

 

Par Lullaby - Publié dans : Journal
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Vendredi 29 décembre 2006 5 29 /12 /2006 22:29

Ma survie psychique.

Des choses peu importantes, qui pourtant traînent depuis des mois. Cela devient de gros soucis, à force de ne pas être fait.

Plus rien envie de faire depuis qu'il m'a quittée.

Pourtant je ne suis pas malheureuse. Mais j'ai juste plus rien envie de faire. Non, je n'avais déjà rien envie de faire avant.

Olivier ! que s'est-il passé pour que tu m'abandonnes, sans détourner ta tête de ce chemin plein de méandres que tu t'es tracé ?

Où est passée notre communication... je ne me parle plus à moi-même. Je me sens juste triste et abandonnée. Un enfant abandonné, au fond.

Je dois l'écrire. Tu me manques. Pas beaucoup, mais il n'y a pas de solution équivalente sur la place du marché. Il n'y a pas de solution équivalente à celle de t'aimer.

Et en même temps, t'aimer, c'était une chose impossible. Aimer qui que ce soit me semble impossible. Aimer c'est fusionner, c'est ne rien vouloir pour soi. Aimer c'est l'aliénation.

Je ne veux aimer personne.

Par Lullaby - Publié dans : Journal
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Vendredi 29 décembre 2006 5 29 /12 /2006 22:43

Tous les jours je devrais me sentir heureuse, parce que je ne sors plus avec Olivier N. avec qui j'ai vécu une relation aliénante. Olivier M. m'a donc quand même, quelque part, sauvé la vie.

Mais ce que je vois, c'est que je vis avec moi-même. Et moi-même, je me sens désespérée, abandonnée de tous, terriblement livrée à moi-même.

Je me dis : Olivier (M.) ! pourquoi m'as-tu abandonnée ? vers quelle direction va le chemin plein de méandres que tu t'es tracé.

Lui et moi nous nous éloignons.

Sur msn, je ne lui parle jamais. Je le vois qui reste des heures connecté. Il parle sans doute pendant ce temps avec sa copine, dont je ne connais pas le nom. Je le vois aussi qui cherche à garder contact avec moi. Il aime prouver qu'il "a l'intelligence de rester ami avec ses ex".

Non, je ne sortirai plus jamais avec toi. Je n'en ressens plus l'envie (et c'est vrai... trop d'amertume est passée par là, il y a des souffrances qui rendent les choix définitifs).

Certains jours, je ressens de la colère, de la rage. C'est dommage. Car au fond, cela me fait plus de mal qu'une simple tristesse.

Je n'ai rien fait de mal. C'est lui qui m'a abandonnée.

Je ne l'aimais pas. C'est bien le pire : souvent je me souviens que je l'aimais au mois de mai (alors que je ne sortais pas avec lui) et qu'il m'a fait du mal. Il sortait alors avec une fille. Mais il n'y croyait pas. Après cela, je n'y ai plus jamais cru. Et je m'ennuyais avec lui. C'était terrible comme je m'ennuyais avec lui.

Tous ces paradoxes dans notre relation ! on se serait cru dans l'Ennui, avec Charles Berling. C'était vraiment çà.

Mais il y a surtout que je le méprisais. Je le désirais et je le méprisais. C'est une configuration très dure. Tous les coups sont permis en amour. Et je le méprisais. Je l'ai trompé, je l'ai insulté, je lui ai opposé le silence. Pour le faire réagir enfin un peu. Pour qu'il cesse de parler d'Eli, de Jeanne, de Nathalie... toutes les autres.

Et une partie de moi s'en fichait aussi. S'en fichait vraiment.

A cause de la différence d'âge, à cause de l'absence d'avenir en commun. Parce que j'avais surtout besoin de repos affectif. Parce que je le désirais, mais que je ne l'aimais pas. Il n'avait pas d'amis, et j'avais besoin d'un mec entouré. J'avais besoin d'un mec qui m'inspire de la sécurité. Je ne pouvais pas sortir avec un mec asociable.

Je ne me suis jamais fiée à son côté vieux loup solitaire.

Une partie de moi avait envie de l'humilier, ce que j'ai aussi réussi à faire plus d'une fois.

Jusque ce que, lui aussi, m'oppose son silence définitif (car il sortait avec quelqu'un d'autre).

Par Lullaby - Publié dans : Journal
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Vendredi 29 décembre 2006 5 29 /12 /2006 23:27

Au fond, dans la beauté, il y a quelque chose qui nous échappe.

Cette chose qui nous échappe nous fait souffrir, nous agace comme une rage de dents.

Tu me manques, Y. C'est dommage que tu sois parti.

C'est dommage que tu sois parti, c'est dommage qu'on n'ait pas pu parler cartes sur table à temps. C'est dommage que les sentiments (les miens) aient été si flous et si superficiels.

Dommage tout cela. Je ne sais pas si çà va être rattrapable ou non. J'ai peu d'espoir.

Je me sens stupide et mauvaise.

Je me demande si je ne suis pas un peu dépressive.

çà fait chier çà, de ne jamais avoir rien envie de faire.

Mais déjà le dire, y a mise en abîme ou distanciation. çà a quelque chose de rassurant.

 

Par Lullaby - Publié dans : Journal
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